13/08/2015

C'est un oiseau, c'est un avion, c'est... Hercule Poirot!

L'un des arguments favoris des détracteurs du roman d'énigme est que sa figure centrale, le Grand Détective, est un être fantastique, désespérément irréaliste. Dans la vie réelle, les crimes sont résolus - quand ils le sont - par des professionnels travaillant en équipe, en suivant une procédure qui n'a rien de glamour - interrogatoires, recoupements, examen des preuves, etc. Les amateurs qui utilisent leurs petites cellules grises, c'est du roman (policier) Et de fait on ne les croise que rarement dans la littérature criminelle moderne, qui se pique de vraisemblance et de réalisme. Non, je ne vous donnerai pas mon avis sur cette évolution, mais vous le devinez si vous suivez ce blog régulièrement. Je voudrais seulement pointer que juger le Grand Détective selon des critères réalistes revient peut-être à comparer les pommes et les oranges.

Le Grand Détective est un super-héros au même titre que Superman ou Batman, à ceci près que ses super-pouvoirs à lui sont intellectuels et non physiques. Comme les personnages précités et bien d'autres que je ne citerai pas, il intervient là où la police est impuissante, et dispose d'atouts que celle-ci et le commun des mortels n'auront jamais - et les criminels qu'il affronte sont des super-vilains à leur manière, plus astucieux et retors que le gangster lambda et donc hors de portée de la procédure policière standard. 

Cette approche peut vous paraître tirée par les cheveux, mais elle a le mérite de dégonfler l'argument dont je parlais - oui, le Grand Détective est une figure fantastique, mais that is precisely the point. Les jeunes adolescents piqués par des araignées ne se mettent pas à grimper aux murs et à sauter d'immeuble en immeuble; personne ne va pourtant réclamer la mise au rencart de Spider-Man. Une fois admis que l'on est dans le fantastique et non dans le réalisme, tout devient possible comme dirait l'autre et il n'y a plus qu'à se détendre et apprécier le voyage. C'est ce que je fais depuis mes quinze ans et je vous assure que ça marche très bien.  

A pinch of Berkeley

There aren't many photographs of Anthony Berkeley Cox, a.k.a Anthony Berkeley and Francis Iles. I know of only two, one of which - as it happens, the most often reprinted one - makes him look like Adolf Hitler. I am glad to report that I have found a third in Jacques Baudou's and Jean-Jacques Schléret's Le Guide Totem du Polar (Larousse, 2001) It was apparently taken in France in the late 40s or early 50s and shows Berkeley in the company of noted French crime writer Maurice-Bernard Endrèbe and writer/editor Germaine Beaumont. I don't know on which occasion it was taken but the presence of books on the table suggests some kind of book event. 


Endrèbe was a big fan of Berkeley, having translated two of his books (Not to be Taken as Sans Remords and The Vane Mystery as Une femme qui tombe) and repeatedly championed him in his columns and critical work.